 La
province des Missionnaires d’Afrique au Mali
1-
Sa physionomie
La Province du Mali regroupe aujourd’hui
les Missionnaires d’Afrique qui se trouvent au Mali, en
Mauritanie et au Sénégal et qui compte un peu plus
de 60 confrères. Sept jeunes candidats, surtout d’origine
africaine, effectuent un stage de deux ans dans des communautés
du pays. La moyenne d’âge est assez élevée
et avoisine la soixantaine. On s’attend à des
départs, vu l’âge et la fatigue de certains
confrères et dans la dizaine d’années qui
s’approche, la Province devrait compter de 45 à 50
confrères pour être très optimiste. Bon nombre
de confrères sont engagés dans des tâches
paroissiales. Quelques-uns d’entre eux sont cependant
détachés pour des tâches spécifiques
(maisons de formation, centre social, médias, etc.).
2-
Le temps des transitions
On peut dire que depuis le début, les
confrères ont cherché à enraciner le Christ
en terre malienne. Au moment du Forum postcapitulaire et dans
l’homélie de la messe qu’il présida le
dernier jour, Monseigneur Jean Zerbo rendit grâces en ces
termes : « Merci au Seigneur qui a aimé le
Mali, au point de s’incarner dans cette terre, à
travers chacun d’entre vous, à travers chacune de vos
vies... »
La Province des Missionnaires d’Afrique
du Mali traverse une époque de transition. Tous les
confrères qui ont connu la période 1986-2000 ont
vécu et continuent de vivre des transitions avec l’Église
du Mali. Les transitions, aujourd’hui, pour les
Missionnaires d’Afrique, sont multiples. C’est d’abord
la forte diminution du personnel. En une vingtaine d’années,
on est passé de 160 à 60 confrères. C’est
aussi l’arrivée des confrères d’origine
africaine, asiatique ou latino-américaine. On se prépare
à vivre en communauté, non plus seulement
internationales mais aussi interculturelles et interraciales.
3-
La province est interpellée !
° Par l’Église
qui l’accueille
Nous appartenons, comme membre de la
Famille, à l’Église qui nous accueille ici, au
même titre que les autres membres (prêtres diocésains,
autres familles religieuses ...). En clair, cela veut dire que
nous partageons tout avec elle; ses joies, ses peines, ses
recherches, ses tâtonnements, ses réussites, ses
échecs ... rien ne nous est étranger ... puisqu’il
n’y a pas d’étranger dans la Famille du Père
!
Nous partageons ses interrogations. Quand
elle rentre du Synode sur l’Afrique en 1994, nous nous
mettons à son écoute. Qu’a-t-elle reçu
de cette Assemblée ? Que va-t-elle mettre en route à
la suite de ces travaux ? Souhaite-t-elle notre collaboration et à
quel(s) niveau(x) ? Quand elle célébre son premier
Centenaire, nous jubilons avec elle; quand s’apprête à
clôturer son Synode national, nous offrons notre franche
collaboration.
° Par son charisme
fondateur
On a souvent parlé de « notre
identité », de notre « charisme »,
de notre « spécificité ».
C’est vrai qu’à la longue, parce que surchargés
de travail, nous avions fini par ne plus en faire cas. La présence
d’autres Instituts, au sein de la famille, nous permet,
aujourd’hui, de faire plus facilement état de notre
charisme particulier et de nous organiser de telle sorte que, sans
heurts, ni d’un côté ni de l’autre, il
soit mieux accueilli et respecté. Nous nous offrons à
l’Église qui est au Mali, tels que nous sommes.
Ce charisme, nous le savons, nous invite
à la Rencontre et au Dialogue, en particulier avec ceux et
celles qui nous sont différents dans leur culture et dans
leur religion. Si, à une époque, quelques uns
l’ont vécu d’une manière tout à
fait originale, aujourd’hui, nous voulons le vivre en
harmonie avec le projet de l’Église qui est au Mali.
° Par le Chapitre de 1998
et le Forum postcapitulaire qui suivit.
Différents Chapitres Généraux
ont jalonné la route des Missionnaires d’Afrique en
terre du Mali. Ces rencontres n’ont jamais eu pour but
d’élaborer des « stratégies
pastorales » à la place des Églises
locales, mais plutôt d’aider les missionnaires à
mieux préciser leur place au sein d’une Église
qui cherche à enraciner l’Évangile qu’elle
a reçu comme un don précieux. Les missionnaires
n’ont pas cherché à cacher ou minimiser la
spécificité de leur engagement mais plutôt à
la mettre « au service », à la
proposer comme « une manière de faire Église »
au milieu de beaucoup d’autres manières. On peut
enraciner Évangile de bien des façons !
Le Chapitre de 1998 a proposé aux
confrères une attitude renouvelée. Si l’humilité
demeure le mot d’ordre face à des situations
extrêmement douloureuses ou complexes, il leur est
recommandé de reprendre, en les adaptant au contexte
d’aujourd’hui, les grandes orientations du Cardinal
Lavigerie. Ainsi la Rencontre de l’autre dans sa culture
et sa foi, demeure-t-elle une priorité de notre activité
missionnaire.
Au cours du Forum postcapitulaire de février
1999, plusieurs dispositions ont été prises par la
Province, dont la constitution d’ateliers spécifiques
afin d’approfondir les orientations proposées
(atelier Rencontre, atelier Justice et Paix, atelier Vocation,
etc.). On a aussi insisté sur la formation permanente des
confrères, en matière de Justice et paix et dans le
domaine de la Rencontre.
Les
Missionnaires d’Afrique au Mali, dans l’esprit du
charisme propre à notre Société, ont donc
commencé à apporter une contribution plus concrète
à la formation des communautés chrétiennes en
vue de les préparer, de les stimuler et de les former à
mieux vivre la Rencontre. Le conseil pense sincèrement que
la spécificité du charisme de l’Institut peut
aider dans ce sens.
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