EN CHEMIN
Le bulletin du Centre Foi et Rencontre
Centre Foi et Rencontre BP 298 Bamako
(Mali)
Téléphone :
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Décembre 2002 n°1
Rédaction :Equipe du Centre
Foi et Rencontre
Responsable : Père Josef
Stamer
Editorial
En chemin …
Pourquoi “En chemin” ? Au Concile
Vatican II une des grandes orientations était la prise de conscience que l’Église
est d’abord le Peuple de Dieu, le Peuple de Dieu en marche vers les promesses
du Royaume. Les chrétiens ne sont pas les seuls en marche, sur cette route.
Tous les hommes sont sur une même route du fait qu’ils ont une origine commune
et que, selon le plan de Dieu, leur destinée est la même pour tous. Oui, la
grande découverte du Concile était que l’Église ne joue vraiment son rôle que
si elle est l’élément dynamique dans la marche commune des hommes. Nous sommes
en chemin avec tous nos frères et sœurs quelque soit leur foi ou leurs
convictions. Notre vocation de chrétiens, Peuple de Dieu au Mali, n’est autre
que de contribuer à donner sens, dynamisme et joie à la marche de tous les
Maliens. Est-ce là une utopie ? un but au-delà de nos forces ? Malgré le fait
que nous nous sentons profondément unis à tous ceux qui sont en chemin avec
nous que nous tissons avec eux des liens de parenté et d’amitié, il n’est pas
facile d’être chrétien au Mali. Il y a les exigences de notre foi qui souvent
vont à l’encontre de nos penchants naturels. Il y a surtout le fait que nous
sommes une petite minorité à suivre un chemin que la grande majorité ne
reconnaît que partiellement comme un chemin de vérité. Souvent, nous sommes
questionnés, interpellés, parfois même attaqués dans notre manière même de
marcher avec les autres. Être chrétien au Mali, c’est accepter de vivre en
permanence une grande tension intérieure: chercher l’harmonie, vivre en
parfaite convivialité avec ceux que le Seigneur nous a donnés comme compagnons
de route, et en même temps rester un défi, une interpellation pour eux. Pour
assumer cette tension le Centre “Foi et Rencontre” veut apporter sa modeste
contribution: Nous avons besoin de nous appuyer les uns sur les autres .Et
puis, rappelons-nous qu’il y a un Autre qui marche avec nous. Après la mort de
Jésus, deux hommes, deux de ses amis, découragés, étaient en chemin ... Et
voici qu’un étranger se joint à eux et finit par leur expliquer le sens des
Écritures! En marchant avec des gens qui nous sont apparemment étrangers, nous
finirons par comprendre notre propre foi, par connaître celle qui anime l’autre
à nos côtés, par reconnaître en lui Celui qui a dit : “Je suis le Chemin” et
qui veut que tous les hommes viennent à la Lumière.
Père Josef Stamer
Mgr Guiseppe Pinto, nouveau Nonce Apostolique découvre les réalités
maliennes … Accueil par M. Daniel Konaté le 27 octobre à Bamako.
Excellence, au
Mali, nous constituons une infime minorité (un peu plus de 2% ) de la
population. Cette situation pourrait faire croire que nous sommes une Église
des catacombes. Loin s’en faut quand on sait que nous vivons en parfaite
harmonie avec nos frères musulmans, protestants et de religions
traditionnelles, harmonie faite de tolérance et d’acceptation mutuelle. Je n’en
veux pour preuve Excellence, que le bref entretien que vous avez eu le jeudi
dernier avec Monsieur l’Ambassadeur Abdoul Kader Touré, Directeur du protocole
et que vous me permettrez de rapporter ici. Monsieur Touré déclarait notamment
- je cite « Au Mali, nous nous félicitons de la cohabitation pacifique entre
adeptes de confessions religieuses. Nous sommes tous frères en Dieu et nos
relations humaines, sociales et même politiques, sont régies par le dialogue,
le consensus et singulièrement, le cousinage qui sont des valeurs cardinales,
inestimables et irremplaçables. ». Il faut aussi signaler que dans toute notre
sous région, le Mali est le seul pays où les confessions religieuses
(musulmanes, catholiques et protestantes) se retrouvent au sein d’une même
organisation officielle : “La Commission Nationale de conciliation des Chefs
religieux” qui joue le rôle de médiateur dans les conflits politiques et
sociaux. Mais des difficultés demeurent. En effet, si les trois religions
coexistent dans un climat de respect mutuel et si les anciennes pratiques de
solidarité à l’occasion des événements fondamentaux de la vie (naissance,
mariage décès), restent encore bien vivantes, il faut signaler que la menace
sur la laïcité de l’État est une réalité chez nous. D’autre part, l’intrusion
du militantisme religieux dans le champ politique pouvant déboucher sur des
conflits intra ou inter religieux est à prendre très au sérieux. Mais nous
osons croire qu’en la matière, l’État, conformément à la loi fondamentale du
Mali : la Constitution, exercera souverainement sa tutelle sur l’inviolabilité
de la laïcité de l’État comme sur d’autres secteurs de la vie sociale. Nous
avons aussi bon espoir que la traditionnelle sagesse malienne et le dialogue
interreligieux, comme ils l’ont déjà démontré à plusieurs occasions, sauront
mettre notre pays à l’abri de toute dérive religieuse.
Charte du Centre Foi et Rencontre
1 Il n'y a pas de rencontre où
l'Esprit de Dieu ne nous a pas déjà précédés.
2 Servir la rencontre, c'est
d'abord contempler et admirer l'œuvre de Dieu dans l'autre.
3 La rencontre de l'autre est
le lieu d'une conversion commune permanente vers le Dieu qui nous a créés tous
deux et qui nous appelle tous deux.
4 L'ignorance est la mère de
la méfiance et
du mépris.
5 Quelle que soit l'affirmation
de l'autre, je veux y chercher une part de vérité.
6 C'est dans ma propre foi que
je veux chercher et trouver les ressources pour connaître et comprendre mon
voisin croyant.
7 Pas de paix entre les hommes
sans paix entre les religions ; pas de paix entre les religions sans dialogue
entre les religions ; pas de dialogue entre les religions sans connaissance des
fondements de ces religions.
8 La rencontre de l'autre,
différent dans la foi, n'est pas une tactique ou une stratégie, mais l'exigence
même de ma foi chrétienne.
9 Aller à la rencontre de
l'autre n'est pas de faire la moitié du chemin et puis d'attendre que l'autre
fasse l'autre moitié.
10
Quand on se connaît et qu'on s'estime, tout est alors possible
Les Confessions Chrétiennes
au Mali
Le Mali découvre de plus en plus
la Foi Chrétienne. L'écho régulier de l'Évangile dans la presse écrite et
orale, la multiplication des lieux de culte chrétien, le nombre grandissant des
dénominations ecclésiales et l'augmentation des différents et multiples
symboles chrétiens prouvent bien que le Christianisme n'est plus une religion
qui passe inaperçue: Il s'incruste dans la réalité quotidienne et s'étend
davantage aux coins et recoins de notre pays. En effet, la mesure de
l'expansion et de l'expression du Christianisme dans le Mali d'aujourd'hui
dépasse de loin l'impression que l'on en a dans les différentes Églises.
Certes, ce fait est un motif
d'action de grâce; mais il est en même temps une grave interpellation pour
l'ensemble de tous les Maliens qui confessent et annoncent Jésus le Christ. Le
poids social dont jouissent les Chrétiens, plus qu'à leur communion, tient au
fait que le reste de leurs concitoyens ne considèrent pas rigoureusement leurs
différentiations confessionnelles. Dans la conception collective, elles passent
toutes pour la même. Oui, la nation malienne ne semble percevoir les
différentes Confessions Chrétiennes qu'à travers ce qui fait leur particularité
commune en son sein, c'est à dire la Foi au Fils de Marie, Notre Unique Maître et
Seigneur Jésus-Christ: “Tout chrétien est reçu simplement partout comme un
croyant tout-autre.” Quel atout pour le rayonnement du petit troupeau du
Seigneur! Les Églises et leurs adeptes ne devront pas chercher à embrouiller ce
regard ordinaire fondé sur l'essentiel. Au contraire, ils chercheront à
l'accueillir comme un appel prophétique, appel prophétique qui rappelle la
prière du Maître de tous: “Qu'ils soient un !” qui indique l'exigence de la
Communion, qui incite à l'unité dans le dire et le faire, qui crie contre la
dispersion pastorale et l'incohérence dans l'être.
Ce serait un contre-témoignage
plus que vilain si les Confessions Chrétiennes faisaient du “Mali, pays tout en
un” le théâtre de leurs disputes et de leurs discordances. L'Évangile ne vient
pas étouffer les semences d'unité que porte la Vieille Terre malienne, il vient
plutôt les faire éclore. Les Chrétiens dans leurs différentes confessions
impulseront la traditionnelle dynamique d'Unité dans la Nation, quand celle-ci
pourra dire réellement d'eux : "Voyez comme ils s'aiment! "
Les murs confessionnels ne
doivent-ils pas alors tous donner passage à l'Esprit d'Unité, cet Esprit qui
les a devancés sur le terrain ? Oui, il y'a à inventer des chemins nouveaux
pour une culture plus vigoureuse de la christianité dans l'Homme et dans la
Nation que nous constituons avec les autres. Les Églises ne doivent jamais
oublier que leur commune mission au Mali ne peut efficacement réussir que dans
la concertation, la collaboration et l'entraide : “L'union fera leur force” Que
faire alors pour harmoniser davantage l'ensemble chrétien par delà les sections
confessionnelles ? Que doivent entreprendre ensemble les Confessions
Chrétiennes pour éviter d'être condamnées toutes à porter dans l'isolement le
lourd poids des divisions et des particularismes des terres et des temps
lointains, et cela dans une Nation qui a horreur de la dispersion et de la
contradiction dans un seul et même Être ? Bien qu'essaimé à travers le grand
Mali, le petit troupeau du Seigneur doit être soudé et cohérent dans son être
et dans sa mission évangélisatrice.
Pour amorcer cette harmonisation
dans le dire et le faire, il doit se réunir, se découvrir lui-même à travers
l'identification des “Familles Chrétiennes” qui le constituent et créer entre
ses membres un réel esprit de corps, corps au même destin, à la même raison
d'être.
Le Secrétariat National pour le
Dialogue Interreligieux veut axer cette année son effort sur cette grande
question. D'où sa campagne d'année : Les Confessions Chrétiennes au Mali. Il
s'agira d'arriver à l'identification de toutes les Traditions Ecclésiales au
Mali et d’enclencher un processus de mise en place d'un Conseil Œcuménique
opérationnel qui les coordonne. Le Secrétariat se réunira en janvier 2003 pour
planifier le projet et réfléchir sur sa réalisation. Les informations seront
transmises périodiquement dans le bulletin du Centre Foi et Rencontre: "
En chemin". Plus de " Nous exclusifs " ! Amen !
Le Secrétaire National,
Abbé S.K.Gaston Coulibaly
Activités du Centre Foi et
Rencontre
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Le Père Josef Stamer a participé à Abuja (Nigeria), du 25 au 30 août 2002, à un
atelier destiné à élaborer des programmes d’enseignement sur l’Islam, les
religions traditionnelles et le dialogue interreligieux dans les grands
séminaires de l’Afrique.
t
Les Pères Alain Fontaine et Alberto Rovelli ont animé, en septembre, deux
retraites-sessions pour des catéchistes à Bandiagara et Ségué, dans le diocèse
de Mopti, sur le thème de la foi... comment exprime-t-on sa foi, selon que l’on
est chrétien ou musulman ?
t
Le Père Josef Stamer a participé en fin octobre 2002, à un colloque sur l’Islam
en Afrique à Wiesbaden (Allemagne).
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Le Père Jean Bevand a participé, du 13 au 15 novembre à Niamey au Niger, à la
réunion annuelle de la Commission épiscopale de la CERAO chargée du Dialogue
islamo-chrétien.
t
Le Père Josef Stamer a animé, le 1e décembre 2002 à Badalabougou (Paroisse Ste
Monique à Bamako) une première rencontre publique sur le thème de la
spiritualité du dialogue interreligieux.
Calendrier
t Du 4 au 6
décembre, le Père Josef Stamer anime une session destinée aux femmes de la
paroisse de Mopti Sévaré.
t
Du 6 au 8 décembre, le Père Josef Stamer anime une session destinée aux
catéchistes de la paroisse de Mopti Sévaré.
t
Mi-janvier : réunion du secrétariat national pour le dialogue interreligieux.
t
En janvier, réunion avec les étudiants de l’IPR de Katibougou.
« La lumière est venue parmi nous,
c’est Noël ! »
Qu’elle éclaire votre route et illumine
vos rencontres.
Le Centre Foi et Rencontre vous présente
ses meilleurs vœux à l’occasion de Noël et de l’année nouvelle.
Toute l’équipe du Centre Foi et
Rencontre :
Pères Josef Stamer, Jean Bevand, Gaston
Coulibaly et Alain Fontaine, Sœur Bernadette Michel Diarra et Monsieur Emmanuel
Sagara.