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En Famille
avec les
Missionnaires d'Afrique du Burkina Faso et du Mali Numéro
15, mars 2007
Éditorial
Chers parents et amis,
Le Carême fait partie de ces périodes
que l’on aborde sur la pointe des pieds. On sait bien ce qui
va se passer, on en connaît les étapes, mais c’est
comme si on hésitait, on s’interrogeait, on
calculait, on évaluait la dépense et les efforts à
fournir. Pourtant, le Carême échappe à nos
calculs et à nos projections. C’est le moment rêvé,
non pas tant de prendre de bonnes et sérieuses résolutions,
mais plutôt de nous ouvrir à la nouveauté de
Dieu.
Les missionnaires d’Afrique, du Burkina Faso et
du Mali, ont comme amorcé le mouvement et la démarche,
un peu plus tôt que les autres. En se réunissant à
Sikasso au Mali et à Moundasso au Burkina Faso, en janvier
dernier, ils ont entrepris un travail de rapprochement et ont
accepté généreusement que le Seigneur passe
dans leur vie missionnaire et lui apporte un renouveau
exceptionnel.
94 % des confrères se sont prononcés
positivement pour la création d’une nouvelle province
qui comprendrait le Burkina, la Côte-d’Ivoire, le
Mali, la Mauritanie, le Niger et le Togo.
Il s’agissait bien
d’une conversion. Cette conversion demandait de passer
au-dessus de ses préjugés, de ses craintes et même
de ses projections sur l’avenir. Bien sûr que la mise
en route d’une nouvelle province n’est pas chose
aisée ! Parmi les suggestions qui ont été
faites par les confrères à Sikasso et à
Moundasso, l’une d’entre elles touchent notre modeste
revue : « En Famille ». Puisque nous
nous acheminons vers une seule province désormais, il est
normal que notre petite revue de liens entre nos familles,
élargissent aussi l’espace de sa tente. Désormais,
la revue accueille les familles du Mali. Certes, l’apport
reste encore modeste puisque, pour le moment, il n’y a que
deux missionnaires d’Afrique originaires du Mali
aujourd’hui : Cyriaque Mounkoro, à Ibadan au
Nigeria et Antoine Dembélé à Lubumbashi au
Congo RD. Mais il y a leurs familles, leurs amis et tous les amis
des Missionnaires d’Afrique au Mali qui seront heureux de
connaître ce lien et de le lire avec intérêt.
Nous voici donc un peu plus nombreux à lire et
à participer à la vie de cette revue « En
Famille », lien entre nous. Enrichissons ces quelques
feuillets de nos réflexions et pour cela, n’hésitez
pas à nous écrire et à nous partager tout ce
que vous vivez au service de la Mission.
Bon Carême, c’est-à-dire bonne
marche vers Pâques, vers cette rencontre avec le Ressuscité.
Regardons vers Celui qu’ils ont transpercé, comme
nous invite le Pape Benoît XVI dans sa lettre pour le Carême
2007 ; regardant Celui qui attire toute l’humanité
à lui, parce qu’il est Amour !
José Morales & Patient Nshombo,
équipe provinciale du Mali.
NOUVELLES
DU MALI
Nous le disions dans l’éditorial, que
les Missionnaires d’Afrique maliens, Pères Blancs, ne
sont qu’au nombre de deux : Cyriaque Mounkoro,
originaire de Lekuy, dans la paroisse de Mandiakuy (diocèse
de San) et Antoine Dembélé, originaire de
Karangasso, dans le diocèse de Sikasso. Ils ont été
ordonnés le 7 décembre 2002 pour Cyriaque et le 29
juillet 2006 pour Antoine. Cyriaque, qui avait fait ses études
à Londres, fût nommé dans une paroisse
d’Ibadan au Nigeria ; quant à Antoine, il est
retourné au Congo RD où il avait effectué son
stage. Il est aujourd’hui dans une paroisse de Lubumbashi.
Leur choix de devenir Missionnaires d’Afrique
n’a pas été aisé, quand on sait que
l’Église du Mali ne compte que 107 prêtres.
Avant eux, au tout début de l’évangélisation
de ce pays, deux jeunes étaient entrés dans la
Société – à l’époque il
n’y avait pratiquement pas de séminaires capables de
les accueillir, en dehors des nôtres. Le tout premier prêtre
Malien, le Père Prosper Kamara était donc
Missionnaire d’Afrique. Il avait été ordonné
à Carthage, en Tunisie, le 28
juin 1936. Décédé en 1961 à Ségou,
il repose désormais dans le petit cimetière des
fondateurs qui accueille aussi la tombe de Monseigneur Hacquard et
celle du Père Garlantezec qui prépara Alfred Diban
Ky Zerbo au baptême…
Le second missionnaire d’Afrique malien est
aussi le second prêtre du pays : Père François
Diallo, ordonné à Bamako le 29 juin 1939. Handicapé
par un asthme sévère, le Père François
Diallo a pratiquement passé toute sa vie en France, où
il assurait un ministère près de Nice. Il est décédé
en 1996.
Prosper, François, Cyriaque et Antoine
représentent donc la toute petite semence des Missionnaires
d’Afrique au Mali. Quand on sait que le Seigneur a prédit
que le grain de sénevé allait donner un grand arbre
où les oiseaux pouvaient nicher sans problème, on
est confiant pour l’avenir. D’autres jeunes se
préparent à Ouagadougou, Samagan et à
Nairobi ; deux jeunes sont en stage, l’un en Algérie
et l’autre au Rwanda. Courage, petit troupeau !
Patient Nshombo, responsable
des vocations pour le Mali.
Les
étudiant Pères Blancs du Mali :
Moïse Yebedie est en 3ème
année de théologie à Nairobi. Marius
Kamaté, en 2ème année de stage
à la PAC ; René Mounkoro, en 1ère
année de stage au Maghreb. Emmanuel Diarra, Armand
Dakouo et Simplice Traoré sont étudiants
à la Maison Lavigerie de Ouagadougou.
Maman de missionnaire
Le
29 juillet 2006, Antoine Dembélé a été
ordonné prêtre missionnaire dans l’église
de Koutiala au Mali.
Sa maman est là, Bibata Dembélé.
Elle est musulmane. Elle a été donnée en
mariage à un catholique et lui a donné onze enfants.
« Mes enfants, disait-elle, sont tous chrétiens
et ils doivent être de bons chrétiens. »
Chaque dimanche, elle les conduisait à l’église
et s’assurait qu’ils participaient aux prières
et aux instructions. Elle les attendait à la porte et les
ramenait à la maison. « Personne ne m’a
forcée à laisser la religion musulmane pour devenir
chrétienne, dit-elle avec force. De mon côté,
je n’avais pas le droit d’obliger mes enfants
chrétiens à devenir musulmans. »
L’important, c’est la relation à Dieu dans la
vérité, librement et sans tricher.
Antoine se souvient qu'il y
a très longtemps ses frères étaient partis
célébrer Noël à la mission de Koutiala.
Son village de Coungala était à 30 kms et il était
hors de question qu’il les accompagne pour le voyage à
pied. Ses frères étaient partis et il avait le cœur
gros de n’être pas avec eux pour fêter la
naissance de Jésus. Il trouva refuge à l’ombre
d’un baobab, seul avec son immense chagrin, et une pensée
surgit dans son cœur : « Il n’y a pas
assez de prêtres pour célébrer Noël pour
les enfants éloignés comme moi ; eh bien, moi
je serai prêtre et je célébrerai la naissance
du Sauveur avec ceux qui sont trop loin. »
Ce jour de juillet dernier, Bibata a accompagné
son fils Antoine jusqu’au pied de l’autel près
de l’évêque. Lorsque Antoine s’est
prosterné pendant la prière d’ordination, sa
maman s’est assise près de lui ; doucement,
lentement, elle agite un éventail sur lui, dans un rite de
respect, normalement réservé à un défunt,
rite de foi dans la vie. « C’est Toi, mon Dieu,
qui m’a donné cet enfant, mais il est à Toi ;
je Te le rends pour que de nombreux enfants d’Afrique
grandissent dans ta lumière. »
Antoine est maintenant au Congo (R.D.), vicaire à
la paroisse Sainte Bernadette de Lumumbashi-Katuba où des
milliers d’enfants, de nombreux orphelins, des centaines de
réfugiés, attendent la Bonne Nouvelle, celle qu’il
a reçu de sa maman comme un message de respect et de
liberté, le message de la rencontre avec Dieu.
Vous pouvez retrouver, avec des photos, ce témoignage
pris dans la revue "Voix d'Afrique" sur notre site
internet, www.mafrwestafrica.net.
NOUVELLES
DU BURKINA
Les
ordinations presbytérales des Missionnaires d’Afrique
en 2007
Le prochain numéro de « En
famille » parlera davantage des nouveaux Pères :
ils sont cinq. Evariste SOME sera ordonné le 2 juin
à Libiélé
(Diébougou) ; Simon OUEDRAOGO de Téma-Boken,
date à préciser; Sylvain
YAMEOGO de Koudougou, Issuka, le 7 juillet à
Koudougou ; Patrice BELEM de Bama, le 7 juillet à
Bobo Dioulasso ; Anselme SOMDA, le 14 juillet à
Niangoloko (Banfora).
Frans
BALEMANS, un « ancien » du Burkina Faso,
vient de rentrer dans son pays natal (la Hollande)
pour un repos bien mérité. Arrivé en Haute
Volta en 1957, il n’a pas chômé durant ces
cinquante années de son sacerdoce au Burkina passées
surtout dans le diocèse de Kaya.
Son engagement, il l’a manifesté auprès
des plus défavorisés à travers les structures
telles que l’Association pour le développement de la
région de Kaya (ADRK), le projet de lutte contre la
désertification au Burkina (LUCODEB). Il s’est
également dévoué pour la cause des femmes
communément appelées « mangeuses d’âmes »
à Téma-Bokin et Tanghin et s’est engagé
auprès des personnes infectées et affectées
par le VIH/SIDA.
Le secrétaire du REN-LAC (Réseau
National de Lutte contre la Corruption), a rendu un témoignage
d’amitié et de reconnaissance au nom des associations
membres du réseau, en remettant au Père Balemans un
trophée REN-LAC.
« Je n’avais pas prévu de
partir », a déclaré le récipiendaire,
contraint au départ pour des raisons de santé.
« C’est, en effet, un mal de dos persistant qui a
motivé ma décision, a-t-il déclaré.
J’ai été heureux ici au Burkina pendant 50
ans. Mais avec ce mal de dos, je ne pourrai plus travailler, alors
je m’en vais. » Merci, Frans, pour tout ce que tu
as été pour nous et pour le Burkina !
Luc KOALA est
arrivé en congé venant de chez les Karamojong où
il est en mission avec Zacharie Sorgo. Luc est venu auprès
de son papa gravement malade. Ce dernier est décédé
le 3 mars. Nous offrons à Luc et à toute sa famille
nos sincères condoléances.
NOUVELLES
D’AILLEURS
Michel
Sanon, de Zambie
A la fin du mois d'octobre, nous avons remis la
paroisse de Nkhata Bay au clergé diocésain après
52 ans entre les mains des Missionnaires d'Afrique. Avouons que je
suis à ce jour le 36e missionnaire (et le
dernier) à avoir travaillé là-bas. Depuis
novembre, nous avons rejoint un de nos confrères qui
faisait communauté seul dans la ville de Mzuzu. Je viens de
recevoir en ces jours ma nouvelle affection, cette fois-ci pour le
diocèse de Lilongwe, précisément à
Chezi, une paroisse rurale à 45 km de la capitale. Là
encore, je dois apprendre une nouvelle langue, cette fois-ci la
langue nationale (Chichewa) bien différente de celle du
nord que j'ai apprise il y a 2 ans. A Chezi, je ferai communauté
avec deux vétérans dans la mission.
Par ailleurs, j'imagine que chacun/chacune de vous a
su trouver la main aimante de Dieu au cours de cette année
2006. Au début de cette nouvelle année, gardons
espoir que Lui, Maître de vie, saura encore nous guider.
Camille
Konkobo, de Kinshasa
Le Cardinal Etsou de
Kinshasa est décédé le samedi 06 janvier en
Belgique. Sa dépouille est arrivée le jeudi 11, et
dès lors il y a eu des cérémonies et veillées
de prière pour lui rendre hommage. Hier dimanche, j'ai
passé toute la journée au stade des martyres avec
les confrères pour la messe d'action de grâce. On a
vraiment vu en sa personne quelqu'un qui était pour le
peuple. Le stade était plein à craquer. Pas de
place, la ville était morte, paralysée, car les gens
sont tous venus rendre grâce à Dieu. Après une
procession avec le corps du Cardinal commencée devant la
porte du stade, nous avons commencé la messe proprement
dite qui s’est terminée à 15h00. Les autorités
étaient bien représentées. Il y avait
quelques cardinaux venus d'Afrique, de Dar-es-salam, Douala,
Abidjan, et beaucoup d'autres représentants des différents
pays.
Aujourd'hui, c'était la messe d'inhumation en
la cathédrale Notre Dame du Congo. Les présidents
Joseph Kabila et son épouse, et Sasou Nguesso et son épouse
étaient là pour souhaiter un "bon pèlerinage"
vers la demeure du Père au Cardinal Etsou. Maintenant ce
dernier a rejoint son prédécesseur le
Cardinal Malula.
Prions pour l'Eglise du Congo, et spécialement
pour l'Archidiocèse de Kinshasa, pour que le "fruit
tombé en terre ne meurt pas mais porte des fruits qui
demeurent." Et portons une
intention particulière au gouvernement de la RD Congo qui
est en train de se mettre en place.
Alphonse
Somda, de Naïrobi
Nous avons fait
vivre, sans mauvaise intention de notre part, la vie cachée
de Jésus de Nazareth à Alphonse Somda, présentement
aux études à Nairobi. Dans notre dernier numéro,
nous avons omis de mettre son nom dans la liste de nos étudiants.
Alphonse sera ordonné diacre cette année. "Sabari",
"sugri", "sugri" "sabari" ! Bon
courage dans tes études et tes activités
pastorales !
Anselme
Tarpaga, Nairobi
Cela
fait longtemps que je ne vous ai pas écrit. Mais je vais
très bien, sauf que j’étais très occupé
avec mes affaires d’« éternel
étudiant »(C’est comme ça qu’une
amie m’a appelé une fois !).
En ce qui concerne mes études, les années
passent, moi aussi j’avance ! Imaginez-vous que je suis
déjà en troisième année ! Ici en
communauté, les étudiants de la troisième
année sont appelés «deacon-to-be»,
autrement dit « les diacres en devenir ». En
effet, c’est cette année que je dois faire ma demande
pour l’admission définitive dans la Société
des Missionnaires d’Afrique et pour l’ordination
diaconale. Alors je vous demande de bien me porter dans vos
pensées et prières.
En ce qui concerne les cours, je suis grandement
satisfait des leçons que j’ai eues au premier
semestre. J’ai aimé d’une façon
particulière les leçons d’eschatologie et « La
loi de l’Eglise sur le mariage ». Sur ce dernier
sujet, j’ai même fait un travail de recherche de 18
pages sur les caractéristiques du mariage et les obstacles
juridiques dans l’Eglise catholique et l’islam.
L’autre cours qui m’a beaucoup plu est
titré « Eschatologie ». Ce cours
porte essentiellement sur l’espérance chrétienne
et la foi en Dieu qui sauve toujours (même après la
mort). A la fin, on a le cœur qui brûle d’amour
et on a envie de s’écrier « Je ne mourrai
pas ! Et toutes celles et tous ceux que j’ai
connus et aimés ne cesseront jamais d’exister pour
moi ! »
Cette année, contrairement à la saison
dernière, mon équipe a bien joué et nous
sommes allés en quart de finale. Mais malheureusement on a
dû arrêter notre rêve à ce niveau !
Nous gardons cependant nos ambitions pour l’année
prochaine. Cette fois-là, je me battrai pour conduire mon
équipe à la finale et me retirer comme Zidane !
Ouais ! On vieillit !
A part les études, une de mes préoccupations
est l’activité pastorale. Cette année, en plus
du dialogue interreligieux, j’ai aussi intégré
une petite Communauté Chrétienne de Base. Ici, les
CCB sont appelées Jumuya Ndogo Ndogo. Souvent une dizaine
de familles ou de personnes peuvent venir ensemble et former une
Jumuya. Une fois par semaine, ils se rencontrent dans la maison
d’un des membres pour lire et partager l’Evangile du
dimanche !
Ce qui a fait ma joie au temps de Noël, c’est
l’activité caritative choisie par ma Jumuya. En
effet, tous ensembles nous avons décidé d’aider
les patients du VIH/Sida en nourriture. Pour moi, la bonne
nouvelle des anges en cette Noël 2006, c’est l’argent
et la nourriture que les membres de notre Jumuya ont mis ensemble
pour aider ces malades.
En communauté, nous vivons en frères et
tout ce qui peut arriver entre frères arrive aussi : joies,
souffrances, difficultés et solutions. Mais notre plus
grande joie est en Dieu qui nous appelle à prendre part à
la Mission de son Fils. Au milieu du semestre, nous étions
beaucoup tourmentés par l’évènement
triste concernant la mort de Ghislain (un de nos jeunes Pères
qui était en Algérie). Il a souffert grandement !
Mais il a unifié toute la communauté et nos amis
derrière lui. Nous rendons grâce à Dieu pour
sa vie si courte mais si pleine. J’ai connu Ghislain au
noviciat à Bobo et ensuite en Tunisie ; ce fut une
peine de le voir terminer ainsi. Mais le rêve de Dieu pour
lui est plus grand que nos rêves. Que sa volonté soit
faite !
Je suis très content de cette année qui
se termine ! Je rends grâce à Dieu de nous
garder unis malgré la distance. Où que vous soyez,
bien souvent je vous rejoins par la pensée et la prière
qui bravent l’espace et le temps. Merci d’être
là et merci pour votre fidélité.
Très affectueusement,
Anselme Tarpaga
Lettre
de Jérusalem
Nous
venons juste de terminer le premier semestre. Ce fut surtout un
temps pour s'installer et aussi un temps de découvertes :
le pays, les gens, les religions, spécialement les
différentes Églises. Nous
avons aussi retrouvé nos livres après 2 ans de stage
pastoral. Nous avons commencé les cours à la
mi-septembre à l'Institut des Salésiens, Ratisbonne,
situé dans le quartier juif de la nouvelle Jérusalem.
Chaque matin nous y allons depuis la vieille cité. En
allant, les boutiques des rues étroites de la vieille cité
sont juste en train de s'ouvrir et il n'y a pas beaucoup de monde.
Mais en revenant, nous passons au milieu d'une grande foule. Le
vendredi, jour de prière à la mosquée, nous
changeons d'itinéraire en passant par le quartier chrétien,
sinon nous risquons d'être bloqués par la foule,
surtout durant le Ramadan. Le Shabbat est différent dans la
nouvelle ville. Il y a très peu de personnes dans la rue se
rendant à la synagogue et il y a peu de circulation excepté
sur les axes principaux. A l'Institut, nous sommes 45 étudiants
qui viennent de différents pays : Éthiopie,
République Dominicaine, Haïti, Pologne, Inde, Italie,
Indonésie, Japon, Congo, et Tanzanie… Deux jeudis
par mois, dans notre programme académique, sont prévues
des excursions. Un jeudi, nous visitons des sanctuaires et des
monuments, surtout à Jérusalem; l'autre jeudi, nous
allons découvrir des sites archéologiques en dehors
de Jérusalem.
Nous visitons de vieilles cités datant de
l'Ancien Testament : des restes de murs, des citernes et des sites
de sacrifices. Théâtres et sépultures,
basiliques sont des vestiges de l'ancien empire romain. De telles
excursions sont organisées par notre professeur
d'archéologie biblique.
Nous voyons, touchons, respirons les restes de ce que
l'on lit dans la Bible. Nous pouvons dire, en quelque sorte, comme
dans l’Évangile de saint
Jean : « Ce que nous avons vu de notre propres yeux,
touché de nos propres mains, nous vous l'annonçons. »
Oui, c'est vraiment une saine fatigue que de monter et descendre
les collines de la Terre Sainte. Le 30 septembre, nous avons
renouvelé notre Déclaration d'Intention devant Joe
Buholzer, en présence de la communauté de Ste Anne
et des confrères qui étaient présents à
la session.
Noël fut une autre expérience. Le 24
décembre, nous avons assisté à la messe de
minuit à Bethléem. Cette fois, ce ne sont pas
seulement trois "Gentils" qui sont venus rendre hommage
au Nouveau Né, mais il y avait des pèlerins venus du
monde entier. Les Églises qui
suivent le calendrier Julien ont célébré Noël
le 7 janvier. Telle est Jérusalem, riche de différentes
dates célébrant le même évènement,
tel le nouvel an.
Le 31 décembre à minuit, nous sommes
montés sur la terrasse. Toute la ville était
silencieuse. Nous avons juste pu voir quelques feux d'artifices
provenant du quartier chrétien. C'était le Nouvel An
pour eux. Après Noël, nous avons eu un temps intensif
de préparation aux examens. Chacun travaillait dans sa
chambre et si quelqu'un sortait, c'était seulement pour
aller passer un examen. Après cela, nous avons eu une
récollection à Ain Kareem afin de préparer
l'évaluation du semestre. Dominique Arnauld fut présent
avec nous à cette évaluation. Autre activité
à laquelle nous avons participé, ce fut pour la
semaine de prière pour l'Unité des Chrétiens
organisée par les différentes Eglises: Anglicane,
Arménienne, Melkite, Latine, Orthodoxe Ethiopienne,
Orthodoxe Syrienne, etc.
Maintenant nous sommes repartis pour la course
académique avec du travail au-dessus de nos têtes.
Cette fois, nous allons aussi nous engager dans l'apostolat :
travail social à l'hôpital, engagement dans des
centres pour jeunes, ou pour handicapés et aussi auprès
de jeunes bédouins, surtout pour les aider en anglais.
Nous avons eu un magnifique premier semestre, et nous
espérons que le suivant sera encore meilleur. In
sha-Allah !
Après l'évaluation du semestre, nous
avons renouvelé notre engagement envers chacun de nous et
la communauté : que notre lumière brille et soit un
encouragement pour les autres.
Gaétan Tiendrebeogo
et Léonce ZINZERE
Les Missionnaires d’Afrique
au 1er janvier 2007
Nous sommes au nombre de 1637 de 36
nationalités. Nous sommes répartis en 275
communautés dans le monde dans 42 pays dont 23 pays en
Afrique. Le plus jeune, entré dans la Société
des Missionnaires d’Afrique le 25 novembre 2006, est Patrice
Belem de Bama (Bobo Dioulasso), inscrit avec le n° 6148.
Il sera ordonné prêtre à Bobo Dioulasso le 7
juillet prochain.
367 jeunes, de 20 nationalités, sont,
cette année 2006-2007, en formation pour devenir
Missionnaires d’Afrique : 298 viennent de l’Afrique,
38 de l’Asie, 16 d’Amérique Centrale et du Sud
et 15 d’Europe.
Assassinat du Père
Martin Addai au Kenya
Nous
avons appris avec consternation la triste nouvelle que notre
confrère, Martin Addai, du
Ghana, recteur de la Maison de Formation des Missionnaires
d’Afrique à Nairobi depuis 2005, a été
assassiné par des voleurs dans l'après-midi du
samedi 10 mars à Nairobi. Le 17 mars 2007, une messe a été
célébrée à la mémoire de notre
confrère à Bukavu et une
autre à la Maison généralice
de Rome.
Le samedi 10 mars 2007, le P. Martin a quitté
la maison en voiture vers 14h00 avec l’intention de passer
prendre un ami ghanéen à l’Hôtel Panari
avant de continuer pour une réunion afin de célébrer
la fête du 50ème anniversaire de
l’Indépendance du Ghana. Mais il n’y est jamais
arrivé.
A 14h30, un passant, en voiture sur la route qui mène
de la Mombasa Road à l’Enterprise Road, a signalé
à la police qu’il avait vu jeté d’une
voiture le corps de quelqu’un, après quoi la voiture
est partie à toute vitesse vers la Mombasa Road. Martin
avait été abattu. La police est venue chercher le
corps pour le mettre à la morgue. L’absence du P.
Martin a été remarquée le dimanche et les
membres de la communauté ont commencé à
s’inquiéter. Ils ont signalé son absence à
la police et, peu de temps après, nous avons reçu la
triste nouvelle de son décès.
Les Pères ont dû retarder la date des
obsèques en attendant que les membres de la famille de
Martin puissent venir du Ghana. Nous souhaitons nos sincères
condoléances spécialement à
sa famille ainsi qu’à tous nos confrères du
Ghana et étudiants à Nairobi.
Nos adresses:
Les Missionnaires d''Afrique au Burkina 01 B.P. 630,
Ouagadougou 01 Tél. : (226) 50 30 64 89 Fax : (226)
50 30 64 98 Courriel : mafrprovbf@fasonet.bf
Les Missionnaires d'Afrique au Mali B.P.
298, Bamako Tél. : (223) 2 24 65 96 Courriel :
mafrpro.mali@afribone.net.ml
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