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Etres humains, armes,
diamants, bois, etc.… : l’Afrique de l’Ouest
dépouillée
Fides dénonce les trafics internationaux
ROME, Lundi 30 octobre 2006 (ZENIT.org)
–, l’agence Fides,
organe de la congrégation pour l’Evangélisation
des Peuples, ne dénonce pas seulement le trafic des armes,
de la drogue, des diamants, du bois, du pétrole mais aussi
la traite des êtres humains : autant de trafics des «
multinationales du crime » en Afrique de l’Ouest.
Fides
dénonce ces « vols des ressources africaines »
qui, écrit l’agence, « présupposent des
complicités internationales qui vont au-delà du
continent africain ».
C’est pourquoi l’agence
lance cet appel : « Il est urgent de mettre en place des
instruments juridiques internationaux et d’autres mesures
pour qu’il y ait une authentification certaine de la
provenance des matières premières africaines. A côté
de cela il faut lutter efficacement contre la corruption et le
recyclage de l’argent sale pour que les ressources locales
soient employées pour le développement des
populations africaines ».
« Dans un monde de
plus en plus interdépendant, les phénomènes
locaux ont toujours une dimension globale, fait observer Fides.
Même la diffusion de la criminalité africaine, fondée
sur les trafics illégaux a désormais une dimension
qui s’étend bien au-delà de l’Afrique.
Les « diamants de sang » dont la vente a alimenté
pendant des années les conflits dans la région,
finissaient par enrichir le cou de braves occidentaux ou de la
riche bourgeoisie asiatique et moyen-orientale ».
«
Le trafic d’êtres humains n’est que le dernier «
business », dans l’ordre chronologique, des réseaux
criminels qui travaillent en Afrique Occidentale, déplore
Fides. Les routes de la traite des personnes impliquent le Bénin,
la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Ghana, le Mali, le
Nigeria, le Togo, le Cameroun, le Burkina Faso, la Guinée
et le Niger ».
L’agence reconnaît que «
les autorités locales tentent d’endiguer le
phénomène, en lançant différentes
formes de collaboration régionale », mais ajoute
qu’elles « ont besoin de l’aide internationale
pour améliorer leurs services de police ».
«
Il est clair pourtant que seul un réel développement
social et économique peut résoudre le problème
à la racine », affirme l’agence vaticane.
Et
de dénoncer : « Ce sont des groupes criminels
nigériens qui dirigent le trafic des êtres humains.
Cette véritable mafia est en mesure d’opérer
non seulement en Afrique Occidentale mais aussi en Afrique du Sud
et en Europe, où elle donne naissance à une
organisation logistique complexe. Les trafiquants gagnent 10 à
20.000 dollars par enfant et de 12.000 à 50.000 dollars
pour chaque femme victime de la traite. Le prix varie selon la
destination finale de la personne. Les femmes peuvent finir en
Europe sur le marché de la prostitution ; les enfants en
général sont envoyés dans les plantations
locales. Selon l’Organisation Internationale du Travail
chaque année 200 à 300.000 enfants sont victimes du
trafic en Afrique Occidentale ».
« La route la
plus commune pour envoyer les émigrants en Europe prévoit
une première étape à Gao (Mali) où les
personnes sont envoyées, par la Mauritanie, en Algérie
puis au Maroc, où elles franchissent le détroit de
Gibraltar pour arriver en Espagne », ajoute Fides.
«
Une autre route, précise l’agence internationale,
prévoit la traversée du Sahara jusqu’à
la Libye ou à la Tunisie, pour un embarquement vers Malte
et l’Italie. Récemment une nouvelle route a été
ouverte, qui part de la côte du Sénégal et
conduit aux Iles Canaries, territoire espagnol et donc partie de
l’Union Européenne ».
Fides cite
également parmi les autres trafics illégaux de la
région, le trafic de stupéfiants qui « connaît
une croissance importante, se croisant avec celui des armes et
contribuant à financer les guerres locales ».
«
En Côte d’Ivoire, au Libéria et au Sénégal,
affirme Fides, il existe une production locale de cannabis dont
les revenus sont employés pour acquérir des armes.
Pour le moment le cannabis produit localement est distribué
seulement sur le marché régional. Mais les flux
d’héroïne et de cocaïne provenant
d’Amérique Latine sont en augmentation. Les pays de
la région ne sont plus seulement des lieux de transit vers
l’Europe et les Etats-Unis, mais représentent
désormais un nouveau marché. Les mafias nigériennes
qui étendent leurs tentacules dans au moins 80 pays du
monde entier, deviennent les patrons du trafic de stupéfiants
».
Pour ce qui est du trafic des armes qui s’est
développé dans les années 90 pour alimenter
les guerres en Sierra Leone et en Libéria, Fides explique
qu’il a récemment « évolué »
: « La fin des conflits mentionnés et la crise en
Côte d’Ivoire ont provoqué un flux d’armes
dans les pays proches de la Côte d’Ivoire. Les anciens
combattants sont tentés de céder leurs armes aux
criminels locaux. Selon les estimations des Nations Unies, dans le
seul Libéria, sont en circulation de 80.000 à
100.000 armes légères. Un marché s’est
ainsi créé de vieilles armes depuis longtemps
présentes dans la région, qui favorise l’instabilité
et le crime ».
Enfin, les autres marchandises
traitées par les organisations criminelles sont, indique la
même source : les diamants, le bois, les cigarettes de
contrebandes, le pétrole du Delta du Niger (on estime que
chaque jour que 100.000 barils de pétrole sont volés
par les organisations pétrolifères criminelles) et
jusqu’au caoutchouc des plantations libériennes.
ZENIT ZF06103008
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