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Les
diocèses du Mali – éléments d’histoire
ARCHIDIOCÈSE
DE BAMAKO
•
Bamako, un village Bozo au bord du Niger
Étrange destin que celui de ce village de
pêcheurs au bord du fleuve Niger. Choisi par la colonisation
française pour les collines qui l'entourent, il est tour à
tour le siège de l'administration du Soudan français
et, après la brève fédération du Mali
avec le Sénégal, celui de la République du
Mali. Avec Monseigneur Pierre Leclerc, en 1955, il devient
le siège de l'archevêché. Monseigneur Luc
Sangaré (1925-1998) sera le premier archevêque
malien à l'occuper. Il est ordonné évêque
le 26 mai 1962 à Bamako par Monseigneur Jean-Marie Maury,
délégué apostolique. Il est intronisé
le lendemain, 27 mai 1962.
•
Des pasteurs exceptionnels
Pas moins de neuf pasteurs précédent
Monseigneur Jean Zerbo au siège de Bamako. À
commencer par le Cardinal Lavigerie, nommé
administrateur du Sahara et du Soudan de 1868 à 1892. Il ne
connaîtra jamais le territoire de son immense diocèse.
Il est suivi de Monseigneur Toulotte (1892-1897), de
Monseigneur Hacquart (1898-1901), de Monseigneur Bazin
(1901-1910), de Monseigneur Le Maître (1911-1920), de
Monseigneur Sauvant (1921-1928), de Monseigneur Molin
(1928-1949), de Monseigneur Leclerc (1949-1962) et de
Monseigneur Luc-Auguste Sangaré (1962-1998). Le 25
octobre 1998, Monseigneur Jean Zerbo est intronisé
troisième archevêque métropolitain de Bamako.
•
Une Église locale où souffle un vent
d'universalité
Le diocèse de Bamako a cette particularité
d'être multiculturel et multiracial. Le clergé
malien, peu nombreux, est aidé d'agents pastoraux venant du
monde entier : prêtres, soeurs, frères enseignants
... en tout, plus d'une centaine.
•
Des laïcs qui mettent la main à la
pâte
Très tôt, des laïcs prendront leur
part de responsabilité autant pour l'annonce directe de la
Bonne Nouvelle (les catéchistes) que pour le témoignage
dans leurs milieux professionnels respectifs (principalement dans
l'enseignement). Dans la foulée du Concile Vatican II, une
commission nationale des laïcs va voir le jour. Beaucoup de
laïcs (hommes, femmes, jeunes et moins jeunes) vont militer
au sein de mouvements spécialement conçus pour eux
(Légion de Marie, CEC, Scoutisme, JOC, Amis de Kizito,
etc.). Lors de la conférence nationale de 1992 (suite aux
événements du 26 mars 1991) des laïcs chrétiens
se rendront présents et actifs.
•
Des signes d'espérance
Le diocèse est implanté dans une région
à dominante musulmane. Comme l'islam au Mali n'est pas, à
quelques exceptions près, fanatique, la cohabitation est
plutôt pacifique et fraternelle. Les chrétiens vivent
auprès de leurs frères et soeurs musulmans ou de
religions traditionnelles, partageant les mêmes joies et les
mêmes peines. Souvent, ils ne sont pas plus riches les uns
que les autres. Les chrétiens sont tout à fait à
l'image de la célèbre Lettre à Diognète
(écrit anonyme du IIe siècle). C’est dans ce
contexte que les chrétiens du diocèse témoignent
humblement de l’espérance et de la foi qui les
habitent.
DIOCÈSE
DE KAYES
•
Aux origines de l’Église du Mali
Le 20 novembre 1888 est une date qui reste
dans la mémoire de tous les chrétiens du Mali. C'est
la date anniversaire de la fondation de la paroisse de Kita, la
première paroisse du pays. Depuis plusieurs années,
les chefs de mission résidant au Sénégal
envisagent une fondation au Soudan. Après plusieurs
demandes, en 1888, le supérieur général des
Pères du Saint Esprit reçoit l'autorisation du
secrétariat d'État aux colonies de créer une
mission catholique au Soudan. Le 15 octobre 1888, six
missionnaires sont désignés pour le voyage qu'ils
entreprennent à partir du 20. I1 s'agit des Pères
Guillet, Montel, Marcot et des Frères Zénon et
Isaac. Le sixième, le Père Diouf, les
rejoint plus tard. À l'aube du 20 novembre, le massif de
Kita apparaît. Ils entrent dans le village où un
logement provisoire les attend.
•
La mission commence
Dès le lendemain de leur arrivée, les
Pères se mettent en quête d'un terrain pour la
mission. Ils s'y établissent sommairement jusqu'en mai 1889
où ils commencent une construction plus solide. Sans
tarder, ils entreprennent des tournées de reconnaissance et
commencent à apprendre la langue. Pendant douze ans, ces
missionnaires zélés posent laborieusement les
premières pierres d'un édifice toujours en place
aujourd'hui et qui a pour nom : l'Église catholique au
Mali. Ils fondent Kayes en 1892 et Dinguira en 1893. En 1895, ils
assistent au passage des Missionnaires d'Afrique en route pour
Ségou et Tombouctou. Vers 1900, Rome décide de faire
un échange de territoires entre les Pères du Saint
Esprit et les Missionnaires d'Afrique. La partie
Haut-Sénégal-Niger (futur territoire du Mali
indépendant) est confiée aux Missionnaires
d'Afrique, tandis que le Sénégal et la région
de Kissidougou sont remis aux Pères du Saint Esprit. Dans
les trois paroisses qu'ils ont contribué à fonder,
les Pères du Saint Esprit connaissent bien des épreuves.
Les tombes à Kita, Kayes et Dinguira témoignent que
beaucoup d'entre eux sont morts avant l'âge de 35 ans.
Le 12 septembre 1978, Monseigneur Joseph Dao
est le deuxième évêque de Kayes, succédant
à Monseigneur Étienne Courtois (1963-1978).
•
Notre Dame du Mali
C'est le frère Isaac, de l'équipe des
fondateurs, très habile de ses doigts, qui modèle,
avec la terre du marigot de Bangasi, une statue de la Vierge
Marie. II l'a cuite comme on le fait pour les canaris. Pendant 60
ans, la statue trône au centre de la cour de la paroisse de
Kita, entourée d'un parterre de fleurs. En 1955,
Monseigneur Courtois envisage un pèlerinage, un peu sur le
modèle de celui de Poponguine au Sénégal
voisin. La statue passe alors de la cour au-dessus de l'autel dans
l'Église de Kita et, pendant une dizaine d'années,
s'organise un pèlerinage paroissial qui connaît un
grand succès.
Au
retour du Concile Vatican II, les évêques maliens
décident de faire de Kita le lieu d'un pèlerinage
national et la statue, vénérée en ce lieu,
prend le nom de « Notre
Dame du Mali ». Le premier
pèlerinage est organisé en 1966. Une date est alors
choisie, pour la commodité : le deuxième dimanche
après Pâques. Depuis les fêtes du centenaire,
en souvenir de la fondation de l'Eglise du Mali, la date du
pèlerinage a été désormais fixée
au week-end le plus proche du 20 novembre.
•
Un sanctuaire national
Devant l'afflux de plus en plus important de pèlerins
à Kita, les installations de départ ne suffisent
plus. Un nouveau sanctuaire plus vaste et plus fonctionnel est
envisagé dans les années 1990. Plusieurs projets
sont proposés mais on devra attendre 1995 pour la mise en
route du chantier. Le nouvel édifice peut accueillir 3000
personnes. II est béni le 21 avril 1996 par le Cardinal
Tomko spécialement venu participer au pèlerinage
national cette année-là. La célèbre
statue a une nouvelle fois été déplacée
et se trouve actuellement à l'intérieur même
du nouveau sanctuaire. Très fragile parce que confectionnée
en terre cuite, elle a été restaurée à
cette occasion.
DIOCÈSE
DE MOPTI
•
Le dernier né des diocèses du Mali
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le
diocèse de Mopti, dont le territoire a été
très tôt attaché à la préfecture
apostolique du Sahara et du Soudan en 1868, sera le dernier érigé
des six diocèses du pays en 1964. Monseigneur Georges Biard
sera intronisé le 14 mars 1965.
D'une superficie de 893 109 km, le diocèse
compte plus de 3 millions habitants dont environ 18 000 sont
baptisés. Avant d'être un diocèse à
part entière, il sera successivement placé sous la
juridiction de cinq préfectures ou vicariats apostoliques.
D'abord la préfecture apostolique du Sahara et du Soudan de
1868 à 1891; le vicariat apostolique du Sahara de 1891 à
1901; la préfecture apostolique du Soudan de 1901 à
1921; le vicariat apostolique de Bamako de 1921 à 1942 et
pour finir, la préfecture apostolique de Gao de 1942 à
1964. Le 14 mars 1965, le territoire est érigé en
diocèse et Monseigneur Georges Biard en est le premier
évêque.
•
Terre fécondée part le sang des
martyrs
C'est à Tombouctou que s'établissent
les premiers missionnaires en 1895. Cette fondation, on le sait,
plonge ses racines dans la foi de ces pionniers de
l'évangélisation. Par deux fois, en 1876 et 1891,
les Missionnaires d'Afrique tentent de rejoindre Tombouctou à
partir d'Alger, en traversant le désert du Sahara. Les six
missionnaires qui entreprennent pareille aventure sont massacrés
par leurs guides nomades. Les Pères de la première
caravane s'appelaient : Ménoret, Paulmier et Bouchaud. Ceux
de la seconde caravane avaient pour noms : Richard, Morat et
Pouplard. C'est à partir de Kita, où les Pères
du Saint Esprit avaient fondé la première paroisse
le 20 novembre 1888, que les trois premiers évangélisateurs
du diocèse : les Pères Augustin Hacquart, Auguste
Dupuis et un laïc du nom d'Eugène Konde, remontent le
fleuve Niger à partir de Bamako pour atteindre Ségou
le 1ier avril 1895, puis Tombouctou où ils
entrent le 21 mai de la même année.
•
Un des plus grands diocèses du monde
Par sa superficie (893 109 km2), c'est
indéniable, Mopti est un des plus grands diocèses du
monde, mais la plus grande partie est composée du désert
du Sahara où l'on compte 1/2 habitant au km.
Administrativement, le diocèse de Mopti comprend les
régions de Gao, Tombouctou et Mopti (moins le Cercle de
Djenné attaché au diocèse de San). On se
plaît souvent à désigner le diocèse
comme celui des sables et de la falaise. Dès ses origines,
en effet, le diocèse est tiraillé entre le nord
islamisé (les sables) et le sud, plutôt animiste (la
falaise) ... entre les sables sahariens et les régions de
la falaise du pays dogon.
•
Un homme providentiel : Pierre Kombe Somboro
Dans l'histoire de l'Église, on rencontre
parfois ce genre de laïcs qui souvent n'imaginent pas la
portée de leur geste: C'est le cas d'un certain André
Kim en Corée, c'est aussi le cas de Kombe Somboro dans le
diocèse de Mopti. Un jour de 1945, se rendant en pays Maika
pour acheter un cheval, le jeune Kombe, âgé d'une
trentaine d'années, rencontre des catéchumènes
qui participent à une catéchèse. Kombe est
frappé par le message. Il se rend sans tarder auprès
de Monseigneur Lesourd à Nouna. Le dialogue est d'une
étonnante simplicité :
- Nous voulons étudier la religion des
Pères. Inscris mon nom et envoie-nous des Pères à
Ségué.
- Est-ce toi seul qui veux prier ou d'autres le
veulent-ils aussi ? - Si les Pères viennent, les Dogons
suivront mon exemple ! "
Kombe rentre à Ségué muni de
livres de prière et d'un catéchisme en Marka.
Quelques mois plus tard, vingt cavaliers représentant
plusieurs villages de la falaise viennent supplier l'évêque
de leur donner des Pères. En 1948, Monseigneur Lesourd
envoie les premiers missionnaires. La paroisse est fondée
un an plus tard en 1949. Pierre Kombe, décédé
quelques jours avant les fêtes du cinquantenaire de la
paroisse, en décembre 1999, repose désormais devant
l'église de Ségué.
Après la succession de préfets et de
vicaires apostoliques, le diocèse est successivement placé
sous les houlettes de Monseigneur Georges Biard
(1964-1988), de Monseigneur Martin Happe (administrateur de
1988 à 1995) et de Monseigneur Jean Zerbo
(1995-1998). Troisième évêque de Mopti,
Monseigneur Georges Fonghoro est aussi le premier Dogon à
accéder à cette charge... 54 ans après la
démarche de Pierre Kombe Somboro auprès de l'évêque
de Nouna !
DIOCÈSE
DE SAN
•
San, un centre commercial
Depuis le Moyen Âge, le fleuve a été
une voie couramment empruntée par les pirogues pour amener
les plaques de sel gemme de Tombouctou à Djenné,
puis jusqu'à San, devenu centre commercial et départ
des caravanes qui remontent vers le Nord, du mil, de la kola et ce
qu'apportent les caravanes du Sud. Au début du XXe siècle,
la ville de San était devenue une sorte de gros bourg.
•
Arrivée des premiers missionnaires
Mgr Toulotte fonde Ségou en 1895 et son
successeur, Mgr Lemaître, ouvre Toma en 1913 puis
Minankofa, au bord du Bani en mai 1920. En 1921, Mgr Sauvant
devient vicaire apostolique de Bamako. Il décide un an plus
tard de faire de nouvelles fondations. Les missions de Kakoulou et
Minankofa deviennent succursales respectivement de Kayes et de
Ségou. Le 15 septembre 1922, il ouvre la mission de
Sikasso, dans le Kénédougou, et envoie trois
missionnaires à Mandiakuy. Leur but : fonder une mission
étape entre Ségou à l'ouest et Toma, au pays
Samo, à l'est.
Les noms des trois pionniers : Pères Félix
Théaudière, Ernest Duvernois et Eugène
Ratisseau. Ils quittent Ségou vers Douna, sur le Bani,
avec le petit chemin de fer Decauville, à voie étroite,
qui a fonctionné jusqu'en 1962. Ils font étape à
Minankofa où la tradition s'est conservée, puis ils
prennent les pirogues jusqu'à Belenityeni. Ils arrivent à
San avec des charrettes et leurs trois bicyclettes. Ils y sont
accueillis par Monsieur Garbou, le commandant de Cercle, qui leur
conseille de s'établir dans des villages si possible
éloignés de l'administration : Somo, Bénéna,
Mandiakuy ou Sanékuy. Ils choisissent Mandiakuy
qu'ils atteignent le 9 octobre 1922 aux environs de 9 heures da
matin. Ils parlent bambara et ne connaissent pas un mot de
boxé. À Mandiakuy, ils sont accueillis par le chef
de village Sonu Dakouo et son neveu et secrétaire
Nisimarza. Ils logent provisoirement dans le quartier Nord, à
Balu, puis se font construire six paillotes en bordure du village
où ils passent leur première année de séjour.
La première mission, en banco, sera construite là où
actuellement s'élève l'église, en 1924.
Le 29 septembre 1964, le diocèse de San est
érigé. Monseigneur Joseph Perrot est ordonné
le 9 janvier 1965, à Mandiakuy. Monseigneur Jean Gabriel
Diarra est nommé par le Pape Jean-Paul II évêque
du diocèse de San le 24 juin 1988.
•
Une mosaïque de cultures et de langues
La population des Cercles de Tominian, San, Djenné,
Yorosso, Bla et Ké-Macina, qui forment le diocèse,
est très variée. S'y côtoient les Bwa, les
Bambara, les Marka, les Dafing, les Peulh, les Minianka et les
Bozo. On trouve une petite communauté Bella à San,
ainsi que quelques Dogon et Songhaï. Ces populations sont
catholiques, protestantes, musulmanes ou de religion
traditionnelle. Cet extraordinaire mélange de cultures, de
langues et de pratiques religieuses, est d'une étonnante
richesse pour le diocèse, même si ça ne va pas
sans poser quelques difficultés. Au niveau de l'Église
Catholique, le boré et le bamanan ont été
adoptés comme langues liturgiques. Pour le boré,
parlé par la plus grande majorité des chrétiens
du diocèse, c'est le dialecte de Mandiakuy, le dahanmu, qui
a été retenu. La majeure partie des habitants du
diocèse est composée d'agriculteurs et d'éleveurs.
•
La physionomie du diocèse aujourd'hui
De vocation rurale, le diocèse a su adapter
ses structures pour répondre aux besoins de
l'évangélisation. Il peut, dès 1965, ouvrir
un petit séminaire à Togo, dans la paroisse de
Sokura (40 prêtres et deux évêques y ont
commencé leurs études). Deux centres de formation
d'animateurs ruraux voient le jour, en 68 pour Zura et en 71 pour
le Koni. Ils évolueront différemment et rendront de
précieux services aux agriculteurs. En 1974, le diocèse
ouvre l'école des catéchistes de Dobwo (CFC). Elle a
formé à ce jour plus de 180 foyers catéchistes.
Les Frères du Sacré Coeur ouvrent à leur tour
un Juvénat en septembre 1980. Le diocèse compte à
ce jour cinq Frères maliens, et le centre vocationnel des
filles ouvre ses portes en septembre 1984.
Le diocèse compte à ce jour une
quarantaine de Soeurs maliennes. La première école
ouvre ses portes à Mandiakuy en 1931 ; depuis, elles
se sont multipliées, ainsi que des dispensaires, des
maternités et des centres de santé. A l'occasion des
fêtes du centenaire de l'évangélisation du
Mali, en 1988, une troupe chorégraphique, Sewese, est
fondée. Elle anime les grands rassemblements liturgiques.
DIOCÈSE
DE SÉGOU
•
Ségou, la mission mère
Quand le cardinal Lavigerie, préfet
apostolique du Sahara et du Soudan, entreprend l'évangélisation
de son vaste territoire, il est persuadé que Tombouctou en
sera le poste avancé. Les deux caravanes de missionnaires
qu'il envoie en 1876 et 1881 n'arriveront jamais à
destination. Elles seront massacrées dans le désert.
Ce martyre l'afflige énormément. C'est son
successeur, comme vicaire apostolique du Soudan, qui décide
d'envoyer une troisième caravane, cette fois-ci par un tout
autre chemin, en remontant à partir du Sénégal.
Quatre Pères s'embarquent à Marseille le jour de
Noël 1894. Ils atteignent Ségou le 1ier
avril 1895. Ce sont les Pères Hacquard, Ficheux,
Eveillard et Dupuis. L'évangélisation du Mali
peut commencer.
•
Un vicaire apostolique entreprenant
Alors que le cardinal Lavigerie n'a jamais été
plus au Sud que le 3e parallèle où se
trouve la ville de Biskra (Algérie), son successeur,
Anatole Toulotte, entreprend en 1896 un long voyage afin de
visiter le territoire dont il a la charge comme vicaire
apostolique. Né le 7 janvier 1852 à Arras (France),
il entre chez les Missionnaires d'Afrique où il est ordonné
en octobre 1874. Dès lors, les responsabilités vont
s'accumuler sur ses épaules. Pour des missions diverses, il
parcourt une grande partie du Maghreb. Archéologue,
arabisant et hébraïsant, il fait aussi un séjour
à Jérusalem. À 39 ans, il devient le premier
vicaire apostolique du Sahara et du Soudan. S'il n'accompagne pas
la caravane des fondateurs de Ségou, partie en décembre
1894, il décide, pour l'année 1896, d'entreprendre
son grand voyage qui s'achève à Conakry le 17 avril
1897. En chemin de fer, bateau, pirogue, cheval et ... marche à
pied, il parcourt plus de 6 000 km. Sa visite est d'une importance
capitale pour la fondation de plusieurs Églises de
l'Afrique de l'Ouest. Retiré à Rome, le pape nomme,
pour le remplacer, le Père Augustin Hacquart.
•
Le second diocèse du Mali
Le territoire de Ségou sera longtemps attaché
à celui de Bamako. Il faut attendre le 26 mai 1962, quand
Monseigneur Luc Auguste Sangaré est ordonné
évêque de Bamako, pour que le diocèse soit
créé. Il est érigé comme tel le 4
avril 1962. Monseigneur Pierre-Louis Leclerc en devient le
premier évêque. Décédé le 23
novembre 1983 en France, son corps a été inhumé,
en 1988, dans la cathédrale de Bamako. Monseigneur
Mori-Julien Sidibé lui succède le 1er
juillet 1974. Il est ordonné évêque le 7
décembre de la même année. Le 14 mars 2004,
Monseigneur Augustin Traoré, originaire du célèbre
village de Banankuru (où Alfred Diban avait reçu le
baptême), était ordonné évêque.
•
Pépinière de pasteurs pour tout le
Mali
Pas moins de quatre évêques sont
originaires de ce diocèse. Le premier d'entre eux,
Monseigneur Luc Auguste Sangaré (+.1998) est ordonné
à Bamako le 26 mai 1962. En 1977, c'est au tour de
Monseigneur Jean-Marie Cissé (+ 1996) d'être
ordonné évêque de Sikasso. Un peu plus tard,
en 1979, Monseigneur Joseph Dao est ordonné évêque
de Kayes. Enfin, à l'occasion du centenaire de l'Église
du Mali, Monseigneur Jean Zerbo est ordonné évêque
auxiliaire de Bamako, le 20 novembre 1988. En décembre
1998, il est nommé par le pape Jean-Paul II au siège
archiépiscopal de Bamako et intronisé dans sa
cathédrale. Par contre les vocations sacerdotales et
religieuses sont encore peu nombreuses pour le diocèse de
Ségou.
DIOCÈSE
DE SIKASSO
•
Première visite des missionnaires en 1922
Alors que de Ségou des Pères se rendent
dans la région de Mandiakuy pour y fonder la première
paroisse en pays Bo, dans le même temps, d'autres Pères
venus de Bamako partent visiter le pays Senoufo avec l'intention
de s'y établir. Leurs notes font allusion aux nombreux
fétiches qu'ils découvrent dans le secteur de
Karangasso. Ils ne font que traverser la région mais
fondent Sikasso qu'ils fermeront quelques années plus tard
en 1929.
En 1936, le préfet apostolique de
Bobo-Dioulasso, Monseigneur Paternot, choisit Karangasso
pour y fonder une mission, contre l'avis de l'administrateur de
Koutiala, un protestant qui voit d'un mauvais oeil l'arrivée
de catholiques dans son secteur. Le jeudi 5 novembre 1936,
arrivent les Pères Lorentz, Libouban et le Frère
Jude. Les premiers baptêmes sont célébrés
en la fête de Noël 1944. Il faut attendre l'année
1947 (décret de Rome du 12 juin) pour que soit créée
la préfecture apostolique de Sikasso, détachée
de Bobo-Dioulasso. À la tête de cette nouvelle
préfecture, Monseigneur Didier Perouse de Montclos.
Il s'installe à Karangasso d'où il prépare la
réouverture de la mission de Sikasso. Le diocèse est
créé le 6 juillet 1963 et Monseigneur de Montclos en
devient le premier évêque. Il est ordonné à
Rome par le Pape Paul VI. Il est à la tête de ce
diocèse jusqu'en 1976 où il laisse la place à
Monseigneur Jean-Marie Cisse (+1996). Monseigneur
Jean-Baptiste Tiama est le troisième évêque
de ce diocèse.
•
Treize prêtres pour ouvrir le troisième
millénaire !
En 80 ans de présence, l'Église s'est
montrée encore bien timide sur le plan des vocations.
Monseigneur Jean-Baptiste Tiama, au lendemain de son ordination
épiscopale, a ordonné le treizième prêtre
malien de son diocèse : Abbé Raphaël Dakouo.
Actuellement une dizaine de missionnaires travaillent aux côtés
du clergé malien. Plus de cent cinquante catéchistes
(permanents et bénévoles) assurent prière et
catéchèse dans les paroisses du diocèse. À
Karangasso, les premiers Pères avaient formé, sur le
tas, quelques catéchistes. Une école voit le jour en
1989. En 1995, elle est transférée à
Kimparana et en 2000, cette école devient École de
Formation Biblique.
•
Promotion humaine et formation des jeunes
Tous les pasteurs qui se sont succédé à
la tête du diocèse ont cherché à
s'engager dans cette direction. Fondée en 1936, la plus
ancienne paroisse du diocèse, Karangasso ouvre une école
dès 1938. À leur arrivée, les Pères
avaient ouvert un dispensaire. Ils en ouvriront dans toutes les
fondations successives : Dyou, Sanzana et Kimparana. Les Soeurs
Dominicaines Missionnaires des Campagnes joueront aussi, dès
1960, un rôle non négligeable dans la promotion
féminine, à Karangasso et Koutiala principalement.
Un rôle similaire sera joué à Sikasso par les
Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique.
En 1987, l'arrivée des Salésiens de Don
Bosco à Sikasso marque le souci du diocèse de donner
la priorité à la formation de la jeunesse. Le centre
professionnel (Saint Jean Bosco) édifié à
Wayerema, à la sortie de Sikasso, offre non seulement aux
jeunes une formation sérieuse, mais aussi des installations
sportives et une bibliothèque.
Vice président de la Conférence
épiscopale du Mali et Président de la commission
nationale de pastorale sociale, Monseigneur Jean-Baptiste Tiama
compte bien poursuivre le travail de promotion initié par
ses prédécesseurs. Au sein de la CEM, il est aussi
chargé des OPM, de la formation et de l'histoire de
l'Église. Au niveau du pays, il est ensuite membre de la
commission nationale de lutte contre la prolifération des
armes légères.
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